Le tour du monde sur un tandem Pino

05) Mexique

Mexique (8e partie et fin) + bonus vidéo

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11/05/12 : Tapachula (par Régine)

Aller, nous remettons ça, aujourd’hui nous entrons au Guatemala. Nous nous levons donc de bonne heure pour nous préparer à partir tôt pour le Guatemala. Mais une fois que tout est rangé, Greg a une douleur à l’estomac, la tourista est de retour ? Ce n’est pas très fort, mais suivant les conseils de Myriam et Carlos, nous décidons d’aller voir le docteur. Il donne à Greg des antibiotiques. Nous restons finalement un jour de plus chez eux à nous reposer, mettre à jour le blog, passer du temps avec Carlos et sa famille. Je passe notamment pas mal de temps avec ma nouvelle amie, la petite dernière de la famille, Evelyn, une enfant de 7ans très intelligente et adorable.

12/05/12 : Tapachula – Ciudad Hidalgo – Tapachula,75 km (par Régine)

Décidément il était écrit que nous aurions des difficultés à entrer au Guatemala. Aujourd’hui, en pleine forme, nous faisons nos adieux à Carlos et sa famille et nous dirigeons vers la frontière. Carlos et sa fille Lorena nous accompagnent un bout de chemin avant de nous dire au-revoir. Après une courte montée, nous n’avons quasiment que de la descente jusqu’à Ciudad Hidalgo, à la frontière. Nous rencontrons les champs de bananiers, les champs de manguiers sur lesquels mûrissent les derniers fruits de la saison et les champs de ramboutans dont la saison commence à peine. Nous arrivons enfin à la frontière, nous sommes prêts. Au poste de douane de sortie du Mexique, le douanier nous demande le reçu du paiement d’entrée au Mexique. Nous ne savons plus où nous avons mis ce reçu… Nous avons dû le jeter en pensant que nous n’en avions plus besoin car nous pensions que le tampon d’entrée sur le passeport et la feuille de la migration étaient les seules choses qu’ils allaient nous demander. Nous ne sommes pas autorisés à sortir du Mexique tant que nous ne leur avons pas donné la preuve que nous avons payé le droit d’entrée. Du coup, nous sommes bons pour repayer. Il nous fait le papier et nous devons aller payer à la banque. Manque de bol, nous sommes samedi, et le samedi, la seule banque de la ville est fermée, elle ne rouvre que lundi. On nous dit qu’à Tapachula, il y a une chance que la banques soient ouvertes. Et nous revoilà partis en direction de Tapachula. C’est la première fois dans notre voyage que nous faisons marche arrière. A Tapachula, nous retournons sonner chez nos amis qui acceptent que nous restions chez eux. Ils nous annoncent que les banques sont fermées et que nous devons attendre lundi. Ce n’est pas si mal que nous soyons revenus car nous avons pu goûter aux délicieuses « enchiladas au mole » et « pan de elote » (gâteau au maïs) de Myriam. Je suis dépitée de ne pas être entrée au Guatemala ce jour là, mais je suis heureuse de retrouver Carlos, Myriam, Lorena, Carlito et surtout la petite Evelyn. Ce soir là nous retournons à la montagne avec Carlos d’où nous pouvons apercevoir les lumières du Guatemala… Un jour qui sait nous y arriverons…

13/05/12 : Tapachula (par Régine)

Aujourd’hui nous ne nous posons pas de questions, nous savons que les banques sont fermées, nous ne cherchons pas à aller au Guatemala et profitons d’une journée tranquille. Le soir, Carlos nous emmène dans le village où habitent ses parents, nous y faisons des parties de rumikub et apprenons à Evelyn à jouer au « Patito plat » (jeu d’enfant polynésien), et à la bataille de pouces.

14/05/12 : Tapachula – Coatepeque, Guatemala, 69,5 km (par Régine)

Ah enfin, le grand jour est arrivé, nous allons enfin entrer au Guatemala ! Pourtant au moment du départ ce n’était pas gagné. En faisant les dernières vérifications avant de partir, Greg se rend compte que la poignée de changement de vitesses est bloquée… Devons-nous changer des pièces ? D’où peut venir le problème ? Finalement, il ouvre le boîtier reliant les câbles de changement de vitesse au Rolhoff, et fait une découverte assez alarmante, les parties métalliques sont complètement bouffées par le sel et heureusement, après un nettoyage approfondi, ça fonctionne de nouveau. Nous partons un peu tard mais nous partons quand même. Après un passage à la banque où nous nous faisons délester de 600pesos (36€), nous reprenons la route qui nous mène à la frontière. Ce coup-ci pas de problème, nous pouvons sortir du pays.

Vers 15h, nous entrons au Guatemala. Au poste frontière, aucun problème, nous présentons juste nos passeports et entrons dans le pays sans rien payer. Les douaniers nous donnent une carte du pays et nous montrent les endroits touristiques. Nous ne pensons pas aller voir tout ce qu’ils nous montrent car nous entrons en période pluvieuse et essaierons d’aller vite pour ne pas rester trop longtemps en zone de pluie. Nous attendons d’ailleurs une petite heure au poste de douane qu’une averse s’arrête. Ce soir là nous demandons hospitalité chez Florecita qui n’a pas hésité une seconde pour nous dire oui, elle insiste même pour nous faire dormir dedans et nous offrir le repas.

Et pour finir, en bonus, voici la vidéo résumée de la partie continentale du Mexique :

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Mexique (7e partie) : 03/05/12 – 10/05/12, 395km

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03/05/12 – 04/05/12 : Santo Domingo Zanatepec (par Grégoire)

Aujourd’hui, la fête de la croix continue et nous nous rendons à un lieu, à la campagne cette fois, où un arbre rappelant une croix est présent. Plein de monde est réuni ici. Il y a un petit groupe pour la musique. Les hommes et les femmes sont assis dans des coins bien séparés. On boit de la bière, le plus possible, et ensuite, tout le monde se retrouve pour danser.

Puis, dans l’après-midi, nous allons dans un autre village pour une autre fête. Il y a un défilé dans les rues avec des chars transportant des croix – c’est bien de la fête de la croix qu’il s’agit – et des jeunes hommes travestis en femmes, portant un masque, et qui courent après une vache lâchée dans la rue en essayant de lui monter dessus. Original !

Le lendemain, Rodrigo nous emmène dans un champ de manguiers qu’il possède pour tout nous expliquer sur la culture de la mangue. Très intéressant !

05/05/12 : Santo Domingo Zanatepec – Polka, 113km (par Grégoire)

Après un adieu à nos hôtes, nous repartons sur la route en direction du Guatemala qui n’est plus qu’à 350km d’ici. La route est droite, sans intérêt, et la chaleur, surtout, est toujours accablante. Malgré tout, nous enchaînons les kilomètres et après plus de 110km, nous décidons de nous arrêter dans un tout petit village sur le bord de la route. Comme à notre habitude, nous demandons l’hospitalité chez les particuliers et y essuyons notre premier refus au Mexique… Enfin, nous ne baissons pas les bras et la deuxième demande sera la bonne. Nous pouvons camper sur le terrain de la famille du très gentil Inocente qui passe la soirée avec nous.

Par contre, durant la nuit, la chaleur est toujours aussi présente et malgré le temps très orageux, la pluie ne vient pas. Je me réveille au milieu de la nuit, trempé comme sortant de la douche, pour m’éventer quelques minutes avec un bout de papier, avant de me rendormir tant bien que mal.

06/05/12 : Polka – Pijijiapan, 58km (par Grégoire)

Le temps est toujours orageux ce matin et nous avons droit à quelques gouttes qui viennent bien rafraîchir l’atmosphère. Maintenant on ne cuit plus, on a seulement trop chaud. Aujourd’hui, nous prenons notre temps et allons faire trempette un moment dans une rivière. L’eau est bouillante mais ça fait du bien quand même. Dans l’après-midi, nous nous arrêtons à un restaurant pour y manger des cockteles. La dernière fois que nous en avons mangés, c’était en Baja California. C’est vraiment très bon mais il faut dire que c’est assez cher. Il s’agit de crevettes ou d’huîtres – ou les deux – servies dans un grand verre avec du jus de tomate, des oignons et du jus de citron vert. Nous nous trouvons près de la côte, c’est donc ici qu’on peut manger de bons fruits de mer. Le gars du resto nous dit qu’il y a exactement une semaine, un couple de cyclotouristes suisses et venu ici et a campé derrière le resto. Ca alors, Rodrigo nous avait parlé d’eux car ils avaient passé quelques jours chez lui ! Nous ne pensions pas nous arrêter si tôt, mais ma foi, le coin est plutôt sympa, juste à côté d’une grosse rivière. Nous camperons nous aussi ici ce soir ! La toilette se fera dans la rivière.

07/05/12 : Pijijiapan – Bonanza, 69,5km (par Grégoire)

La journée est un peu difficile aujourd’hui. Elle commence par la réparation d’une crevaison sur la remorque, suivie d’une deuxième dans la journée. Et puis une diarrhée nous fatigue Régine et moi. Heureusement, le temps est plutôt couvert et la température est un peu plus clémente que les jours précédents. Le soir, nous plantons notre tente dans le jardin d’une maison familiale. Et comme tous les soirs, le temps est orageux. Les éclairs tombent vraiment pas loin et le père de famille nous demande de bouger notre tente sous un abri pour ne pas que nous soyons foudroyés ou tués par la chute d’un arbre. Nous obéissons bien volontiers. Chose curieuse ce soir : il n’y a pas un seul moustique qui vienne nous assaillir. C’est pas nous qui allons nous en plaindre.

08/05/12 : Bonanza – Barra San Jose, 105,5km (par Grégoire)

Finalement, nous tirons une règle de cette nuit : quand on pense qu’il n’y a pas de moustiques, on se trompe forcément. En effet, pendant la nuit, les nombreuses piqûres nous sortent de notre sommeil et nous devons refermer la moustiquaire de la tente et donc suer à nouveau dans notre sauna.

Cela fait un moment que nous longeons la côte mais toujours à une vingtaine de kilomètres de l’océan, donc sans jamais le voir. Un peu frustrés, nous décidons d’y faire un petit crochet et bifurquons vers la ville de Mazatan. Là, nous rencontrons un homme qui nous donne l’adresse de son oncle à Barra San Jose quelques 30km plus loin sur la côte. Fatigués, nous poussons donc encore peu jusqu’à ce village sur une longue route côtière en cul-de-sac. Nous trouvons la maison de l’oncle où nous pouvons rester pour la nuit mais l’accueil n’est pas très chaleureux et tout le monde nous ignore. Bref, nous aurions mieux fait de choisir nos hôtes à l’instinct comme à notre habitude plutôt que d’écouter les conseils du neveux.

Pendant la nuit, le gars nous réveil pour nous dire de bien fermer la tente car un véritable déluge est en train de tomber. Merci, nous avons évité l’inondation de peu.

09/05/12 : Barra San Jose – Emiliano Zapata, 14km (par Grégoire)

Nous sommes à l’océan, alors nous décidons d’en profiter aujourd’hui. Nous passons une grande partie de la journée sur la plage déserte bien à l’abri du soleil sous une petite paillote. Nous courrons sur le sable noir pour ne pas nous brûler les pieds pour atteindre l’eau et prenons notre premier bain dans les grosses vagues du Pacifique. Quel bonheur !

Le soir venu, nous n’avons pas tellement envie de rester chez les mêmes gens et commençons à rebrousser chemin pour nous arrêter quelques 14km en amont dans un autre tout petit village. Là, nous sommes accueillis chaleureusement par une joyeuse bande d’enfants qui mettent tout en œuvre pour nous dénicher un endroit pour camper. L’une propose que nous restions à l’école et nous demande de la suivre pour demander l’autorisation à la responsable. Finalement, elle ne la trouve pas et nous demandons l’hospitalité à une famille qui accepte et qui est bien embêtée de nous faire dormir dehors. Ils ont bien un lit à nous proposer mais nous préférons notre tente/sauna bien à l’abri des moustiques. Nous passons une soirée bien agréable avec leurs enfants à cuisiner des pop-corns et des bananes frites.

10/05/12 : Emiliano Zapata – Tapachula, 35km (par Grégoire)

Aujourd’hui, c’est décidé, nous quittons le Mexique pour entrer au Guatemala. C’est sans compter sur l’hospitalité de cette famille à Tapachula qui nous propose spontanément de venir chez eux (première fois au Mexique !). Nous acceptons. Aujourd’hui, c’est la fête des mères au Mexique et, pour l’occasion, nous partons avec eux sur les hauteurs dans les montagnes pour y respirer un peu de fraîcheur. La végétation y est luxuriante et nous pouvons voir toutes sortes d’arbres fruitiers inconnus au bataillon, beaucoup de caféiers et de cacaotiers. Nous découvrons d’ailleurs le fruit duquel est tiré la noix de cajoux.


Mexique (6e partie) : 19/04/12 – 03/05/12, 685km

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19/04/12 : Tlaxcala (par Grégoire)

Le volcan La Maliche, qui surplombe la ville de Tlaxcala, est nommé ainsi car la légende raconte que, à sa mort, le corps de l’interprète et maîtresse de Cortez, appelée « La Malinche », aurait été déposé au sommet de ce mont.

L’ascension du volcan commence depuis un centre de vacance situé à 3100m d’altitude. Nous stationnons la voiture au niveau d’un restaurant moyennant 20 pesos (un peu plus d’1€) et, en prime, nous avons 3 chiens qui vont nous guider jusqu’au sommet (pas prévu dans le contrat) ! Que c’est bon de se retrouver dans une vraie forêt de pins après tous ces mois de cactus. Les odeurs, les oiseaux et les lapins nous ravissent.

Arrivés à la limite de la zone non arborée, à 3900m d’altitude, nous déjeunons mais Régine a mal à la tête et a la nausée. On dirait bien que le mal d’altitude est là. Sage, elle décide de ne pas aller plus haut et nous attend là pendant que Tere et moi finissons l’ascension. A partir de là, le chemin devient beaucoup plus difficile à gravir car on marche sur une pente très raide mélange de sable et de pierres. Le souffle court, dû à l’altitude, on est obligé de s’arrêter pour respirer tous les 20m. La dernière partie s’effectue dans un amoncellement de rochers parsemé de neige tombée la nuit dernière. Enfin le sommet après 4 heures de marche, à 4461m d’altitude, un record pour moi. La satisfaction d’avoir vaincu cette montagne est là même si la vue n’est pas époustouflante à cause de la brume qui opacifie l’atmosphère. A la descente, alors que nous bondissons dans le sable, il se met à neiger un petit peu. Arrivés là où nous avions quitté Régine, nous ne trouvons qu’une flèche dessinée sur le sol nous indiquant le bas de la montagne. Nous la retrouvons beaucoup plus bas, elle était descendue à cause du froid.

20/04/12 : Tlaxcala – Francisco y Madero, 97km (par Grégoire)

Après ce séjour de 3 jours dans la famille de Tere, voici venu le moment de reprendre la route. Mais nous ne partons pas les sacoches vides car ils nous donnent plein de choses à manger. Merci beaucoup à toute la famille pour votre accueil incroyable.

Nous passons la plus grande partie de la journée à contourner le volcan de la Malinche qui nous surveille sur notre gauche. Il nous laisse d’ailleurs un sacré souvenir que nos jambes très endolories nous rappellent à chaque instant. En route, nous nous faisons doubler par de nombreux cyclistes accompagnés de voitures de soutien. Ils viennent de la ville de Mexico et se rendent à Puerto Escondido dans l’Etat de Oaxaca en 5 jours (soit beaucoup de kilomètres chaque jour). Nous nous doublons mutuellement plusieurs fois. Chacune des voitures de soutien tient à nous donner beaucoup de choses à boire et à manger : biscuits, boissons énergétiques, coca, melon. Et on ne compte plus le nombre de photos qu’ils ont pu faire avec nous…

Le soir, nous sortons de l’autoroute pour rentrer dans un petit village pour y chercher un endroit pour la nuit. Là, nous rencontrons un homme qui nous mène dans un bâtiment sommaire qui lui appartient et où nous pouvons passer la nuit. Quelques minutes après nous avoir quitté, il revient en nous disant que c’est quand même beaucoup mieux dans sa maison et que nous pouvons y aller. Nous passons la soirée en compagnie de sa famille. Il nous propose même sa chambre pour que nous dormions – en nous disant que c’est celle de ses enfants. Nous refusons et dormons sur nos matelas de camping sur le palier.

21/04/12 : Francisco y Madero – Cordoba, 96km (par Grégoire)

Dès le matin, un fort vent de face nous affiche la couleur de cette journée terrible qui se prépare. Nos jambes encore endolories de La Malinche peinent à nous emmener au sommet de cette longue côte. Arrivés en haut, une très longue descente nous attend, la plus longue de notre existence. En effet, nous passons de 2400m d’altitude à quasiment le niveau de la mer sur environ 100km. Malheureusement, la route est défoncée et il est impossible de prendre de la vitesse. Puis, au bout d’un moment, la roue arrière crève. Il s’agit de la bande anti-crevaison qui a encore fait un trou dans la chambre à air. En effet, le scotch que nous avions mis pour protéger s’est découpé lui aussi et ne sert plus à rien. Il faut que nous mettions du scotch plus solide. En attendant, nous réparons la chambre et enlevons la bande anti-crevaison. Nous continuons notre descente et ce qui devait arriver arriva, nous crevons car la bande anti-crevaison n’est plus là ! Et pour couronner le tout, nous devons faire la réparation sur le bord de l’autoroute sous un véritable déluge. On essore le T-shirt et c’est reparti. Tout ça nous a mis en retard pour arriver à Cordoba où nous sommes attendu par un Warmshowers. Nous devons donc finir la route de nuit. Et comme on dit jamais 2 sans 3, ce n’est pas une autre crevaison qui nous retarde encore mais le porte bagage de la remorque. Nous venons de perdre les 2 vis qui le maintiennent et il se met alors à frotter contre la roue. Heureusement, nous avons des vis de rechange. En ouvrant la trousse à outils pour y dénicher un tournevis, nous nous rendons compte que le tube de colle s’est ouvert et tous les outils sont collés ensembles… Arrivés à Cordoba, nous allons à l’adresse donnée par le Warmshowers et là, nous nous retrouvons face à une école ! Visiblement, ce gars est un petit farceur… Nous tentons de lui téléphoner, mais sans succès. A bout de nerf, nous utilisons notre joker en nous dirigeant vers chez les pompiers. Heureusement, en chemin, nous tombons sur un couple très sympathique, Jaime et Veronica, qui nous offre une cabane sur leur terrain pour passer la nuit ainsi qu’une bonne douche et un bon repas. Tout n’est pas si noir aujourd’hui et la journée se termine finalement très bien.

22/04/12 au 26/04/12 : Cordoba (par Grégoire)

La nuit dans la cabane n’a pas été si reposante. Sur le terrain, il y a également un stand de lavage auto qui fonctionne toute la nuit. Et il faut dire qu’il y a eu beaucoup de clients cette nuit ! Ca alterne entre bruit de jet haute pression et bruit d’aspirateur. En plus, les moustiques sont à nouveau de la partie et nous étrennons alors notre moustiquaire qu’on se trimbale depuis le début sans l’utiliser.

Je crois que le repas d’hier soir a été un peu trop épicé (ou bien les tamales n’étaient pas parfaitement frais) et je me prends ma première grosse diarrhée depuis le début du voyage. Heureusement, avec des médocs achetés sur place, le tout rentre dans l’ordre en 24 heures.

Le jour suivant, nous décidons de ne pas repartir tout de suite car je suis encore un peu fatigué et que nos hôtes sont vraiment très sympas ! Jaime nous emmène alors faire une petite visite dans le canyon El Corazon à la végétation luxuriante et avec ses ponts loin loin loin au-dessus de nos têtes.

Nous en profitons également pour réparer notre roue arrière en y replaçant la bande anti-crevaison bien protégée par du gros scotch épais. Nous réparons aussi la chambre à air et ses 4 trous !

Le lendemain, c’est l’anniversaire de Jaime. Pour l’occasion, nous partons avec lui et des membres de sa famille près de la ville de Veracruz où nous apercevons pour la première fois le Golfe du Mexique. Nous venons ici dans un petit restaurant au bord d’une lagune de mangroves et y mangeons une quantité incroyable de fruits de mer de toutes sortes. Des huîtres, du crabe, du poisson, tous plus frais les uns que les autres. Et pour digérer toutes ces bonnes choses, nous partons faire un petit tour en bateau sur la lagune. Nous accostons en particulier sur un minuscule îlot, véritable petit paradis, où le conducteur du bateau nous ramasse 2 huîtres en grattant un peu le gravier. Régine et moi les mangeons telles quelles. Y’a pas plus frais ! Nous ne déboursons pas un centime pour toute la sortie… Le soir, de retour à Cordoba, c’est soirée domino avec Jaime et des amis à lui jusqu’à 2 heures du matin. Décidément, on dirait que ce jeu est populaire ici !

Nous profitons également de notre séjour en ville pour acheter des médocs préventifs contre le paludisme. Nous avons beaucoup hésité pour savoir si nous allions en prendre ou non. Nous prendrons finalement de la Chloroquine pour tout notre séjour en Amérique centrale. Le médicament s’appelle Aralen ici.

Nous allons repartir demain, après 6 nuits passées ici. C’est incroyable comme nous avons été accueillis encore une fois. Merci à Jaime et toute sa famille, nous avons trouvé une nouvelle famille à Cordoba.

27/04/12 : Cordoba – Resto au bord de l’autoroute, 75,5km (par Grégoire)

La deuxième partie de la grande descente que nous avions commencée nous promet des kilomètres facilement gagnés, mais il n’en est rien. Le vent est cette fois contre nous et nous ralentit considérablement. Puis, arrivés près du niveau de la mer, c’est la chaleur qui vient s’ajouter. 38 degrés humides, on est obligés de s’arrêter tous les 5 kilomètres sous l’ombre d’un pont pour faire un peu baisser notre température corporelle et engloutir des litres d’eau. Point positif, la nature change considérablement par rapport au climat sec, voire désertique que nous traversons depuis Las Vegas. Ici, c’est le vert qui prédomine. Ca fait du bien toute cette nature exubérante !

Le soir, nous demandons asile auprès d’un petit resto au bord de l’autoroute qui nous propose son grand terrain en arrière du bâtiment. Nous plantons notre tente sous un énorme manguier.

Nous ramassons d’ailleurs quelques mangues pour le petit-déjeuner. Avec le climat chaud et humide, nous renouons également avec les nombreux moustiques qui nous assaillent dès la tombée du jour.

28/04/12 : Resto au bord de l’autoroute – Hameau bord de l’autoroute, 89km (par Grégoire)

Nous continuons sur cette autoroute qui finit par devenir un peu ennuyeuse. Toute droite, presque plate, toujours le vent de face et surtout, cette chaleur accablante qui nous terrasse presque. Nous passons à travers de grands champs d’ananas et de nombreux vendeurs les proposent aux automobilistes à l’ombre de chaque pont. Soit coupés en morceaux, soit en délicieux jus. Nous nous en régalons.

Nous prenons un petit chemin qui sort de l’autoroute pour atteindre une rivière. J’y fait un léger décrassage puis nous finissons par demander asile dans un petit hameau très modeste. La famille nous accueille chaleureusement. Nous plantons notre tente devant leur maison, juste à côté du gros poulailler. Nous pouvons également utiliser leurs toilettes/douches. La chasse d’eau et la toilette se font à l’ancienne, avec une cuvette. Ca nous va très bien !

29/04/12 : Hameau bord de l’autoroute – Sayula, 86km (par Grégoire)

Il a fait tellement chaud cette nuit que mon matelas prend des airs de Saint Suaire avec la marque de mon corps imprimée. On n’en peut plus de cette maudite route qui est de moins en moins plate, le vent est toujours de face et le mercure ne daigne pas descendre. Nous en venons finalement à bout à la fin de la journée et bifurquons vers le sud pour traverser l’isthme de Tehuantepec, partie la plus resserrée du Mexique. Nous nous dirigeons donc à nouveau vers l’océan Pacifique. Nous passons la nuit dans notre tente sur le terrain d’une famille qui nous laisse utiliser leur toilette. La douche, toujours à la bassine, est salvatrice après ces litres de sueurs déversés sur nos corps.

30/04/12 : Sayula – La Cumbre, 69km (par Grégoire et Régine)

Aujourd’hui, on prend les choses en main et ce n’est pas la chaleur qui va nous avoir. On met le réveil beaucoup plus tôt pour être d’attaque sur le vélo à 8h. Ca nous permet de pédaler à la fraîche jusqu’à 1h où nous trouvons un abris à l’ombre pour déjeuner et attendre que le soleil redescende de son zénith. Vers 4h30 nous décidons de reprendre la route, il fait un peu moins chaud. Après quelques tours de roue, Greg se rend compte que la pneu arrière est dégonflé. Nous retournons donc en pestant à notre coin d’ombre pour réparer la crevaison. Mais après plusieurs minutes de recherche, nous ne trouvons pas le trou… Dépités, il ne nous reste plus qu’à tout remonter et à continuer notre route. Nous ne nous arrêtons pas beaucoup plus loin, de nouveau dans le jardin d’une famille qui nous accueillent avec un grand verre « d’agua » (à chaque fois nous pensons à de l’eau normale mais ici c’est toujours de l’eau mélangée à du jus de fruit et sucrée), la douche et les toilettes à disposition.

01/05/12 : La Cumbre – Ventosa, 107km (par Régine)

Aujourd’hui nous nous levons encore plus tôt, nous devons rattraper les kilomètres que nous n’avons pas fait hier. L’air est saturé d’humidité et Greg a du mal à respirer. Nous craignons que le vent se mette à souffler contre nous, mais il n’y a pas un souffle d’air et les montées sont de plus en plus difficiles au fur et à mesure que la journée avance. Nous ne nous sentons pas très bien et devons nous arrêter à tous les coins d’ombre que nous trouvons pour boire et nous rafraîchir un peu. Vers 14h et 75km, nous prenons notre pause sur la terrasse d’un restaurant. Il fait toujours très chaud, mais à l’ombre avec un grand verre d’agua on se sent mieux. Deux heures plus tard nous affrontons de nouveau la chaleur. Passé le dernier petit col, nous redescendons vers la plaine côtière côté Pacifique qui nous offre un paysage presque fantastique avec ses champs énormes d’éoliennes. Nous n’avons jamais vu autant d’éoliennes de notre vie. Pour une fois nous campons dans la nature cachés entre deux dépotoirs. Une fois dans la tente, une odeur nauséabonde que nous connaissons bien arrive à nos narines : un putois est en train de roder autour de la tente. Durant la nuit, nous sommes réveillés par une bande de chiens qui se sont rapprochés de la tente et n’arrêtent pas d’aboyer. Nous utilisons le Dazzer, mais ça ne leur fait absolument rien. Après quelques minutes à se demander quoi faire pour les faire fuir, Greg décide d’utiliser le sifflet. Nous nous bouchons les oreilles et Greg souffle à plusieurs reprises de toutes ses forces dans le sifflet. Au début rien, les chiens continuent à aboyer, mais les aboiement s’éloignent de plus en plus et les chiens finissent par s’en aller.

02/05/12 : Ventosa – Santo Domingo Zanatepec, 66km (par Régine)

Nous avons bien pédalé hier et il ne nous reste plus que 66km avant d’arriver chez Rodrigo. La journée s’annonce très chaude, une fois de plus, mais moins humide. La route entre la Ventosa et Santo Domingo Zanatepec est un peu ennuyeuse. Le paysage est devenu presque désertique ici et les routes sont toutes droites. A 10h nous nous arrêtons boire un coup dans un restaurant et finalement nous avons faim et déjeunons de délicieuses « enchiladas au mole », les meilleures enchiladas que nous ayons mangé jusqu’ici. Rassasiés nous reprenons la route et arrivons tôt à Santo Domingo Zanatepec où nous faisons quelques courses avant d’aller chez nos hôtes qui nous accueillent merveilleusement avec un bon repas. Nous arrivons le jour de la fête de la « Santa Cruz de Totopostle », une fête locale religieuse où la population rend hommage à l’arbre Totopostle qui a deux branches principales formant une croix et autour duquel a été construite l’église de la Cruz. Les femmes du village revêtent le costume traditionnel et défilent dans les rues en distribuant des bonbons et cadeaux aux enfants. Nous ne passons pas une très bonne nuit, il fait très chaud dans la chambre, et malgré le ventilateur et le tortillon allumés toute la nuit, les moustiques sont là. Nous devons acheter d’urgence un nouvel anti-moustiques car celui à l’eucaliptus que nous avons ne sert strictement à rien…


Mexique (5e partie) : 04/04/12 – 18/04/12, 747km

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04/04/12 : Guadalajara (par Régine)

Finalement, nos amis, ne voulant pas que nous partions, nous ont fait jouer aux dominos jusqu’à 3h du matin et bien entendu nous nous sommes levés tard et décidons de ne partir que demain. Nous profitons de notre dernière journée à Guadalajara pour faire les courses avant le départ, faire les bagages, et passer encore un peu de temps avec nos amis. Ce soir là, nous partons tous faire une boucle dans la ville en vélo (plus de 400 cyclistes je crois).

05/04/12 : Guadalajara – Poncitlan, 53,5km (par Régine)

Ca y est le jour est venu de partir… Comme c’est dur… Après plus de 2 semaines, nous nous sommes beaucoup attachés à nos amis. PanMan et Muffin m’ont demandé pourquoi c’est si dur pour moi de partir. Sur le coup je n’ai pas su quoi répondre. Je pense que quand on est si loin de ses amis et de sa famille depuis si longtemps, on s’attache beaucoup plus vite aux autres, on crée des liens plus facilement, et c’était assez plaisant de retrouver une vie quasi-normale, avec ses petites habitudes, son quartier, les soirées entre amis. Après c’est très dur de retourner sur la route et de tout lâcher encore. Mais notre voyage est ainsi, on le savait, on rencontre plein de gens formidables, mais on ne peut pas rester avec eux toute la vie, le monde est grand et nous avons encore plein de belles rencontres qui nous attendent. En tout cas, merci pour tout les amis, nous avons passé deux merveilleuses semaines avec vous (même si Greg a été malade pendant une…).

Nous sommes partis bien tard, avec un déjeuner d’adieux organisé par Sophie et Markos, et plein de cadeaux de départ. Pour effacer nos larmes, la pluie s’est mise à tomber un peu plus tard et nous campons dans un champ sous la pluie.

06/04/12 : Poncitlan – Yurecoaro, 103,5km (par Grégoire)

Le temps est agréable, bien clair (peut-être grâce à la petite pluie d’hier) et la route est jolie, bien plate, avec un accotement généreux, bref, les kilomètres défilent agréablement. Nous avons découvert récemment le site web perfilderuta.es qui nous permet de préparer notre itinéraire aux petits oignons puisqu’on peut y voir le profil d’altitude d’une route tracée dans Google Maps. Autant dire qu’on essaie de rendre cette courbe la plus plate possible !

Nous entrons dans une région agricole et revoyons des champs de blé que nous n’avions pas vus depuis le Canada. Sur le bord de la route, des bergers surveillent leur tout petit troupeau de chèvres qui se dressent sur leurs pattes arrières pour attraper les feuilles des arbres.

Le soir venu, nous nous décidons, pour la première fois au Mexique, à demander l’hospitalité dans une maison particulière. Toute la famille est réunie pendant ces vacances en ce jour saint. Après l’inévitable séance photo, on nous propose un bon repas de soupe au poisson – carême oblige – et de chiles rellenos – poivrons farcis au fromage – le tout accompagné de riz. Et puis, puisque la confiance s’installe et que nos hôtes sont vraiment très accueillants, on passera même la nuit dans un grand lit douillet au lieu de notre toile de tente habituelle. La chambre est remplie de Jésus, bibelots et cadres religieux, Régine en fera des rêves toute la nuit…

07/04/12 : Yurecoaro – Abasolo, 84,5km (par Grégoire)

Après un petit-déjeuner mexicain composé de nopales – les feuilles de cactus « Mickey » coupées en petites lamelles – , de lentilles et de chiles rellenos, nous nous élançons sur cette super route. Jusqu’à présent, nous nous cantonnions à rester sur les autoroutes payantes, les seules à avoir des accotements, mais nous avons pris le risque, à partir d’aujourd’hui, de rouler sur les voies « libres ». Et bien nous ne sommes pas déçus, nous avons donc droit aux généreux accotements et nous passons régulièrement dans des villages, ce qui est quand même mieux pour visiter un pays.

Sur le bord de la route, de nombreux tourbillons de poussières, parfois très impressionnants, se forment et soulèvent de la poussière dans leur colonne d’aspiration très haut dans le ciel.

Les gens sont vraiment super sympas avec nous et nous offrent de l’eau, du jus de fruit, des biscuits ou souvent prennent juste une photo.

A Guadalajara, lors de la révision complète du Pino, nous avons investi dans des bandes anti-crevaisons pour parer à ces petits bouts de fils de fer libérés par les nombreux pneus de camions éventrés sur le bord de la route et qui ont fait grimper nos statistiques de crevaisons depuis notre entrée au Mexique. Cette bande anti-crevaison consiste en une bande de plastique assez rigide qu’on doit placer entre le pneu et la chambre à air. Et bien voilà, ce produit n’est vraiment pas au point et nous crevons à cause du bord tranchant de la bande qui est venue percer la chambre à air. Bref, c’est la bande anti-crevaison qui nous fait crever ! Nous avons le même problème sur la roue arrière et sur la roue de la remorque. Pour remédier à cela, nous protégeons donc avec du scotch épais les parois acérées des bandes anti-crevaisons. Nous verrons dans les prochains jours si notre petit bricolage fonctionne. Sinon, elles iront de rage toutes les deux à la poubelle !

Nous dormons ce soir chez les pompiers de Abasolo dont une partie du régiment est en train de combattre un incendie de forêt juste au-dessus de la ville. Nous montons notre tente coincés entre les pompiers, la protection civile et… une porcherie ! En tout cas, Régine pense que les bruitages de Jurassic Park ont été faits en enregistrant des cochons…

08/04/12 : Abasolo – Cortazar, 78km (par Grégoire)

Nous commencions à nous habituer à ce vent dans le dos que nous avions depuis Mazatlan, et bien, toutes les bonnes choses ont une fin, et le vent souffle dans notre nez aujourd’hui !

Pour trouvez un coin pour la nuit, nous expérimentons à nouveau notre technique fraîche de la nuit chez l’habitant. Nous repérons une jolie maison un peu isolée, pas trop proche de la route principale et avec un terrain relativement bien entretenu. Nous pensons qu’une maison avec des efforts de décoration ne peut appartenir qu’à des gens biens. Nous nous approchons à pied pour sonner quand nous sommes accueillis par 8 chiens qui commencent à aboyer. Nous commençons à reculer prudemment à notre vélo resté en arrière quand un homme finit par sortir. Il s’agit de Jose-Maria qui va nous faire faire tout le tour de la propriété familiale pour nous dénicher le coin parfait pour notre tente. Nous dormirons finalement sous le porche d’une étable abandonnée. Nous sommes, une fois encore, invités pour le dîner, accompagnés du frère, Paco, de la sœur, Claudia, de la maman et de la grand-mère. Nous y mangeons notamment le fromage qu’ils font eux-mêmes – le meilleur que nous aillons goûté au Mexique – , et y goûtons le rompope, boisson faite à base de lait, sucre, œuf et rhum. Paco nous offre deux provolones qu’il a fait lui-même.

Notre voyage prend maintenant une tournure plus « sociale ». Nous prenons vraiment goût à cet accueil mexicain et renouvellerons sûrement souvent l’expérience. Il faut dire que le terrain est plus peuplé par ici et il est maintenant vraiment difficile de trouver un coin bien caché pour notre tente.

09/04/12 : Cortazar – Querétaro, 73km (par Grégoire)

Le vent est encore contre nous aujourd’hui et il faut dire que les kilomètres sont difficilement gagnés. Nous sommes attendus quelques 70km plus loin, ce soir, à Querétaro, chez Andrei, du site Warmshowers. Andrei a un rendez-vous et doit partir, mais il nous met vite à l’aise et nous nous sentons comme chez nous. Avant d’aller dormir, il nous offre une petite ballade nocturne en voiture pour aller voir le fameux aqueduc illuminé.

10/04/12 : Querétaro (par Grégoire)

Après une bonne nuit de sommeil, nous partons à la découverte du très joli centre historique de la ville, classé au patrimoine mondial par l’UNESCO. Il y a de très nombreuses places charmantes et beaucoup d’animation. Le soir, Andrei, sa femme Martha et leur fille Mafer, nous emmènent dans un lieu typique de la ville pour dîner. Nous y retrouvons d’ailleurs leurs amis du club de cyclisme « Ciclonautas ». Ca ressemble à un marché couvert, mais ce ne sont que des stands de cuisine où l’on mange accoudés au bar en regardant les cuisiniers manier leurs instruments avec perfection. Nous y goûtons notamment des enchiladas, des gringas – tortilla de maïs pliée en 2 et fourrée de viande et de fromage – et des volcanes – tostada surmontée de viande et de fromage fondu.

11/04/12 : Querétaro – San Juan Del Rio, 65km (par Grégoire)

Comme à notre habitude quand nous sommes confortablement installés dans une vraie maison, nous mettons beaucoup de temps à décoller, et ce n’est qu’à 14h que nous enfourchons le vélo. Andrei nous avait conseillé de prendre la route secondaire qui n’a pas d’accotement mais qui passe par les villages, mais nous sommes partis trop tard, pile à l’heure où il y a beaucoup de trafic. Nous décidons donc de bifurquer sur l’autoroute qui a un grand accotement. Nous nous attaquons à la grande montée de l’autoroute qui va nous éloigner de la ville : 2×4 voies, énormément de trafic, nous roulons à 5km/h et nous sommes obligés de hurler pour nous parler alors que nos têtes sont à moins de 50cm l’une de l’autre. Le repos de la veille se fait bien sentir et nous arrivons pas trop essoufflés en haut de la côte. Là, un fort vent dans le dos prend le relais pour nous pousser en avant à 30km/h. Puis, arrivés à San Juan Del Rio, une nouvelle montée, plus grosse celle-là, nous attend : 800m de dénivelé. Nous n’en faisons que la moitié aujourd’hui. Sur la route, un automobiliste nous offre des boissons fraîches. Il s’agit de Chon, le cuisinier du stand de tacos où nous avons mangé hier soir ! Nous passons la nuit derrière la barrière de péage, dans un petit carré de pelouse classé zone fédérale où il est interdit de déambuler. Nous sommes bien en sécurité car de nombreux policiers sont présents ici toute la nuit. Et pour couronner le tout, nous sommes bercés par le doux bruit des très nombreux camions qui redémarrent à 20m de nous… Les boules quies ont bien aidé mais on préfère quand même pouvoir s’en passer et entendre s’il se passe quelque chose dehors.

12/04/12 : San Juan Del Rio – Tula, 76km (par Grégoire)

Ce matin, alors que nous nous apprêtions à prendre le petit-déjeuner, un policier arrive et nous dit que nous devons partir bientôt. Du coup nous plions nos affaires au plus vite et décidons d’aller manger un peu plus loin, sur une zone non fédérale.

Aujourd’hui, après avoir terminé la grosse montée de la veille, nous quittons l’autoroute principale qui mène à Mexico pour faire un petit crochet par Tula et son fameux site archéologique. Nous arrivons à 5 heures juste avant l’entrée de la ville et faisons une halte dans une petite épicerie. La vendeuse nous dit que l’on peut prendre chacun une boisson et un truc à manger, c’est la maison qui offre. Merci ! Toute la petite famille du commerce semble bien sympathique et nous demandons à planter notre tente sur leur terrain. Pas de problème ! En plus, demain matin, ils vont nous apporter le petit-déjeuner !

13/04/12 : Tula – Teocalco (par Régine)

La nuit a été moins bruyante que la nuit précédente sur l’autoroute, et nous avons mieux dormi. Ce matin nous ne prenons pas notre petit-déjeuner et attendons nos amis de la veille qui nous ont dit qu’ils allaient arriver à 9h, mais à 10h toujours personne et nous commençons à avoir faim. Heureusement que nous avons des biscuits à grignoter. Finalement nous ne pouvons pas rester plus longtemps, nous partons pour la visite de la ville et de ses pyramides. Mais avant nous passons une petite heure au cyber-café et après quelques courses nous arrivons au site archéologique où on ne nous fait payer que le prix d’une entrée. Le gardien de l’entrée nous propose de laisser notre vélo juste à côté d’où il pourra y garder un oeil durant notre visite.

Il y a 1000 ans, Tula était une grande ville Toltèque. Le site se compose de deux terrains de pelote, deux pyramides, une grande place avec en son centre un autel dédié au sacrifice humain. Sur les terrains de pelote, deux équipes se confrontaient dans un jeu ressemblant au volley et les vainqueurs ou les perdants étaient sacrifiés selon si c’était considéré comme un honneur ou une punition. En haut de l’une des pyramides, trônent les guerriers Atlantes, de gigantesques sculptures de plusieurs mètres de haut. Pendant la visite du site et à la sortie nous sommes des super stars car tout le monde pense que ce sont nous qui sommes passés à la télé (alors que c’est probablement un autre couple sur un Pino), et tout le monde veut se faire prendre en photo avec nous.

En ouvrant notre sacoche de guidon, nous avons trouvé une petite surprise laissée par nos amis de Guadalajara, une petite bouteille de sauce piquante où chacun a laissé un petit mot. Merci les amis de cette petite pensée, j’en ai eu la larme à l’œil.

Après une toute petite journée de pédalage, nous décidons de nous arrêter assez tôt car un orage menace. Nous frappons chez Guadalupe qui nous accueille chez elle avec beaucoup de chaleur. Elle nous offre à manger, la douche, et même une chambre avec deux lits doubles pour dormir. C’est vraiment incroyable comme les gens sont généreux.

14/04/12 : Tula – Teotihuacan, 71km (par Régine)

Pour la première fois au Mexique, nous prenons les toutes petites routes. Elles sont étroites, elles sont toutes défoncées, elles ne sont pas plates, mais on y fait plein de rencontres, c’est très sympa, joli et beaucoup plus calme. Nous passons dans plein de petits villages où nous sommes assaillis par les chiens et les gens qui nous prennent en photo pour nous mettre sur Facebook (très populaire ici). Pendant un bout de route, un taxi nous escorte, warnings allumés puis finit par quitter la route et nous double en nous donnant une bouteille d’eau. Vraiment super gentil.

Arrivés à Zimpango, nous nous arrêtons à un stand de fruits et achetons des mangues épluchées et montées en esquimo sur un bâton. C’est très bon et on s’en met un peu moins sur les doigts mais toujours plein les dents. Nous continuons notre route vers Teotihuacan où se trouve un site archéologique avec deux gigantesques pyramides. Au moment de nous arrêter pour la journée, nous croisons sur le chemin un cycliste Japonais (qui loge en ce moment chez des amis à Zimpango) qui fait le chemin Ushuaïa – Alaska. Pendant que nous discutons, Bartholomé vient se joindre au groupe. Il vit ici et nous invite chez lui pour la nuit. Nous dormons dans l’atelier de couture de sa petite entreprise.

15/04/12 : Teotihuacan – Champ, 26,5km (par Grégoire)

Nous arrivons sur le très touristique site archéologique de Teotihuacan. Nous sommes dimanche, il y a des touristes partout, principalement des mexicains. Premier problème, trouver un endroit sûr pour notre vélo pendant notre excursion sur le site. Le gardien de l’entrée n’est pas d’accord pour garder un œil dessus. Heureusement, un gars qui travaille dans un des nombreux restos du coin nous propose de mettre notre vélo derrière le resto et nos affaires sous clé dans un local. Après une petite hésitation pour savoir si nous pouvons lui faire confiance, nous acceptons l’offre. Nous nous élançons alors à la découverte du site géant, ruines d’une très grande ville mésoaméricaine (200000 habitants à son apogée en 650). Nous gravissons les escaliers parfois très raides de la pyramide du Soleil haute de 65 mètres en faisant parfois la queue pour passer les parties étroites. La pyramide est très impressionnante mais probablement très restaurée car le béton y est omniprésent, ce qui lui enlève un peu de son charme. Nous gravissons ensuite la pyramide dédiée à la Lune, un peu plus petite, et qui domine la place de la Lune, encadrée d’une dizaine de bâtiments. Dans le prolongement, s’étire la très longue Allée des Morts (4km de long).

Après un bon repas de le restaurant de notre gardien, nous retrouvons notre fière monture, intègre, et reprenons tardivement la route. En chemin, nous nous apercevons qu’une brique de lait vient de se percer dans une de nos sacoches. Elle n’a pas résisté aux vibrations des pavés et routes défoncées mexicaines. Après un grand nettoyage, nous trouvons un petit coin tranquille dans un champ bien isolé.

16/04/12 : Champ – Tlaxcala, 99,5km (par Grégoire)

Nous sommes attendus ce soir à Tlaxcala, quelques 100km plus loin chez Tere, une amie de Sophie (de Guadalajara). Une grosse journée en perspective… Nous commençons par nous perdre dans les petites routes de campagne puis finissons par nous engager sur une route plus importante qui nous emmène jusqu’à Tlaxcala après de nombreuses côtes à grimper. Sur la route, nous observons de très nombreux tourbillons de poussière et sommes même pris dans l’un d’entre eux. Ils ne sont pas assez puissants pour être dangereux. Il suffit de bien fermer les yeux et de ne pas respirer le temps d’en sortir. A Tlaxcala, l’air est beaucoup plus frais, nous sommes à 2400 mètres d’altitude. La ville est dominée par le volcan La Malinche qui culmine à 4461 mètres. Il est éteint heureusement.

A Tlaxcala, nous sommes accueilli dans la maison familiale de Tere.

17/04/12 : Tlaxcala (par Grégoire)

Nous nous remettons de la dure journée d’hier et passons la journée sur Internet pour régler toutes nos affaires administratives et communiquer avec les nombreuses personnes, maintenant amies, rencontrées sur la route.

18/04/12 : Tlaxcala (par Grégoire)

Encore une journée repos, avec mise à jour du blog. Nous nous préparons pour l’ascension de La Maliche demain matin en compagnie de Tere et Martin.


Mexique (4e partie) : Guadalajara, 18/03/12 – 03/04/12 (par Régine)

Pour les photos, suivez le lien : PHOTOS

Guadalajara est la deuxième plus grande ville du Mexique où il est agréable de vivre. Nous y restons plus de deux semaines et c’est un vrai bonheur de se balader dans la ville de jour ou de nuit, à pied ou en vélo. Il y a de la vie partout, les gens sont sympathiques, et toujours intrigués par notre vélo, il y a plein de choses à voir (cathédrales, marchés, marchés aux puces, artisanat…). Le seul gros problème ici, c’est que la chaussée est vraiment en très mauvais état, il y a des nids de poule partout, et c’est assez douloureux pour le vélo de rouler. Les citoyens de Guadalajara sont des vrais cyclistes, il y en a beaucoup, et de ce fait, les vols de vélo ne sont pas rares. Il faut donc faire très attention à bien attacher son vélo avec un gros cadenas quand on le laisse dehors. Il y a souvent des manifestations liées au vélo tels que le Bicifest et les « paseos » tous les soirs, des promenades en vélo dans la ville, la « viaRecreativa » le dimanche…

Pendant ces deux semaines, nous avons logé à la Casa Ciclista où nous avons été très bien accueillis et nous nous sommes sentis comme chez nous. Il a d’ailleurs été difficile de partir, surtout pour moi, tout le monde est tellement sympa, il y a beaucoup de vie et on est tout le temps invité à manger, faire des sorties en vélo dans la ville…

Un grand merci à Magui (la Maîtresse des dégustations), Bernardo (le Grand Chef), Isaac et Jorge (PanMan et Muffin), Vania (la Boulangère), Sophie (la Française), Zack et Markos (les cyclotouristes Américains). Vous avez fait de notre séjour à Guadalajara un moment mémorable.

Notre temps à Guadalajara a beaucoup été consacré à la dégustation des mets locaux :

  • Les plats : grenouilles au barbecue de Magui, tacos de gusano de Magui (gros vers présents dans les agaves bleues), gorditas, carne en su jugo (viande dans son jus) de Carne Garribaldi (le restaurant qui te sert en moins de 20s, ils sont même dans le livre des records), tortas ahogadas (sandwich à la viande plongé dans du jus de tomate puis plongé dans une sauce très très piquante et qu’on mange avec une cuillère), pozole (soupe à la viande et au maïs), flautas (genre de burritos frits), pipian de pollo (poulet cuit avec une sauce composée de graines de courges écrasées, de maïzena, d’ail, de piment rouge…), chile relleno (poivron farci au fromage), huitlacoche (ou charbon du maïs, c’est une maladie du maïs causé par un champignon pathogène qui touche les ovaires et transforme les grains normaux des épis de maïs en grandes tumeurs difformes analogues à des champignons. Ils se mangent coupés en petits morceaux, revenus dans de l’huile, ail, oignons…), lonche (sandwich au jambon fromage presque comme chez nous, avec du bon pain), tacos aux tripes/foie, couenne de porc bouillie
  • Les boissons : tejuino (genre de bière de maïs avec jus de citron et de la glace pilée), champurrado (boisson chaude à base de lait, chocolat, eau, pâte d’hominy (grains de maïs séchés et traités afin de retirer l’enveloppe des grains), de panela (mélasse de jus de canne à sucre) et/ou de cannelle), tepache (boisson à base d’ananas fermenté), tuba (sève de cocotier fermentée naturellement), pulque (sève d’agave fermentée), aguamiel (pulque avant fermentation), margarita, tequila, aguas (fruits exotiques mixés avec de l’eau et du sucre), licuado (fruits exotiques mixés avec du lait et du sucre)
  • Les desserts : fruits exotiques (mamey, guayavana), pan de elote (gâteau aux grains de maïs), chocoflan (gâteau au chocolat avec par dessus du flan… je garde l’idée en tête pour tester plus tard, délicieux), toutes les bonnes pâtisseries et glaces

Nous ne nous sommes pas ennuyés pendant ce séjour. Dès le premier jour, nous sommes allés assister à la fête de la musique. Puis le lendemain, nous étions entraînés avec Bernard dans les rues de la ville sur la « via recreativa ». Tous les dimanches, entre 8h et 14h, une bonne partie des routes de la ville est fermée aux voitures et permise uniquement au passage de piétons et véhicules non motorisés. Nous nous engouffrons ensuite dans le Barratillo, un immense marché aux puces… un vrai bain de foule… Nous visitons ensuite Tlaquepaque, un petit village annexé à Guadalajara, où nous nous promenons sur la petite place au milieu des stands de vente d’artisanat mexicain. Quelques jours plus tard, Magui et Bernardo nous invite à aller assister à un Opéra à Tequila, vraiment très chouette. C’était chanté en allemand et sous-titré en espagnol. Dommage que nous n’ayons pas eu le temps de visiter les usines de tequila… Le premier dimanche nous partons visiter le grand lac de Chapala en vélo. C’était une petite promenade bien sympathique de 125km aller/retour. Cette première semaine fût très riche en découverte mais ne se termine pas très bien pour Greg et Zack qui tombent malade et le resterons pour toute la semaine avenir (diarrhée et/ou gros rhume). La semaine suivante nous ne sommes donc pas beaucoup sortis… Et pendant ces temps libres, nous en avons profité pour apporter des modifications au blog, faire les vidéos, se reposer, et glander tout simplement.

Faits divers : J’ai reçu mon rappel pour la vaccination contre la rage, et Greg et moi nous sommes fait vacciner contre la grippe. Greg a testé les salons de coiffure du Mexique (60pesos la coupe, très bien réussi et pas cher). Nous avons fait découvrir la tradition du poisson d’avril à nos amis Mexicains.


Mexique – Baja California : Bonus vidéo

Bonjour à tous !

Voici la vidéo de notre passage au pays des cactus : Baja California.

A très bientôt pour d’autres nouvelles.


Mexique (3e partie) : 07/03/12 – 17/03/12, 543.5km

Pour les photos, suivez le lien : PHOTOS

07/03/12 : La Paz – Cargo Ferry TMC Santa Marcela, 21km (par Régine et Grégoire)

Ca y est notre histoire au Baja se termine aujourd’hui. Nous quittons La Paz pour nous rendre sur le grand continent à bord du Cargo Ferry. Ce matin, après un bon petit-déjeuner, quelques anecdotes racontées par Julio, nous faisons nos adieux à la famille et enfourchons notre vélo pour rejoindre le port de ferry situé à 20km de La Paz. Arrivés devant le port d’embarquement, nous retrouvons Ann et Alan qui nous attendent là et que nous avions quittés 2 jours auparavant. Nous partageons un dernier repas dans une gargote du coin avant de leur faire nos adieux à eux aussi. Nous avons partagé avec vous 1 mois de voyage et tellement d’aventures et de bons moments. C’était un réel plaisir de partager ce voyage avec vous. J’espère que nous nous reverrons en France, en Écosse ou ailleurs !

Avant d’embarquer dans le ferry, nous devons passer le poste de douane qui nous demande si nous avons des choses à déclarer. Comme nous disons que nous n’avons rien à déclarer, le douanier nous fait appuyer sur un bouton magique, si en appuyant la lumière est rouge, il nous fouille et si elle est verte, on peut passer. Ouf, la lumière est verte, nous n’avons pas à déballer toutes les sacoches. Nous embarquons sur le ferry et un gars nous désigne un petit coin pour amarrer notre vélo coincé entre des dizaines de gros camions. Nous nous installons dans le salon où s’entassent une centaine de sièges comme dans un avion. Beaucoup de gens on déjà réservé des séries de 3 sièges pour s’y allonger pendant la nuit. Nous choisissons d’aller passer la nuit au grand air, sur le pont. Pendant la nuit, l’air devient très humide et de l’eau se condense en grande quantité. Les duvets sont trempés et des gouttes d’eau commencent à me tomber sur la figure.

08/03/12 : Cargo Ferry Santa Marcela – Mazatlan (par Grégoire)

L’eau s’est tellement condensée pendant la nuit, que nos matelas baignent dans un demi centimètre d’eau ce matin. Peu importe, nous égouttons tout ça, et plions tout encore mouillé. Nous sommes attendus ce matin chez Cris et Fred, de Warmshowers, à Mazatlan où nous pourrons tout faire sécher tranquillement. Nous sommes, une fois encore, accueillis comme des rois dans leur superbe maison dans le vieux Mazatlan. En plus, Cris parle un français impeccable ! Nous partons à la découverte de la ville en nous y promenant à pieds et y découvrons plein de petites rues très colorées, des petites places animées avec leurs cireurs de chaussures et beaucoup de petits stands ambulants vendant toutes sortes de choses comestibles.

Nous nous offrons un bon dîner dans l’un des nombreux restos de la ville.

09/03/12 : Mazatlan (par Grégoire)

Nous nous sentons bien ici et y restons donc une journée supplémentaire. Nous faisons nos emplettes dans un marché couvert et Régine s’offre même une jolie robe pour combler la place faite dans nos sacoches après le gros tri que nous y avions fait à La Paz.

Nous assistons au coucher de soleil le plus extraordinaire que nous ayons vu, le ciel tout entier semblant s’embraser petit à petit. Une fois de plus, nous nous offrons un repas gastronomique pour finir cette journée.

10/03/12 : Mazatlan – Champ de manguiers, 94,5km (par Grégoire)

Nous partons ce matin pour enfin user nos pneus sur le continent. On peut dire que cette entrée en matière est plutôt agréable : sur les conseils de Cris, nous empruntons l’autoroute payante au lieu de la route secondaire pour notre trajet vers le sud. Nous avons très peu de monde sur la route et nous pouvons rouler sur un confortable accotement. Et pour couronner le tout, le vent souffle dans notre dos. Nous avalons les kilomètres, passons des champs de papayers, des champs d’agaves bleues et finissons par planter notre tente dans un champ de manguiers sur le bord de la route.

11/03/12 : Champ de manguiers – Sous un palmier, 85,5km (par Grégoire)

L’autoroute, c’est bien pour rouler vite et en sécurité, mais ça nous fait passer bien à l’écart de la civilisation. Aussi, notre réserve d’eau et de nourriture étant quasiment à sec, nous prenons la première sortie pour nous diriger vers un village et nous ravitailler. Dès notre arrivée, en passant devant le commissariat de police, le fonctionnaire qui attend devant nous fait de grands signes amicaux. Nous nous approchons pour discuter avec lui et lui demander où sont les magasins. Il attrape aussitôt sont appareil photo et commence à faire un petit film où il nous demande nos noms, puis il nous fait signe de lui demander le sien et la petite mise en scène continue pendant quelques minutes. Bref, il nous indique finalement les magasins et nous pouvons repartir bien chargés.

12/03/12 : Sous un palmier – Bord de l’autoroute 15, 82,5km (par Grégoire)

Comme hier, nous avons le vent dans le dos, ce qui est bien pratique pour avancer vite. Par contre, il fait chaque jour un peu plus chaud, et avancer avec le vent dans le dos revient à annuler le vent qu’on peut créer en avançant. Par conséquent, on a très chaud, d’autant plus qu’aujourd’hui, le mercure affiche un nouveau record pour notre année de 37 degrés !

Un motard roule à côté de nous pendant un moment. Il ne veut pas croire qu’on n’a pas de moteur et nous propose d’échanger sa motocyclette contre notre pino… Non merci. Puis, au bout d’un moment, notre pneu avant qui a commencé à faire une petite hernie il y a quelques jours rend complètement l’âme en laissant apparaître une petite bulle de la chambre à air à l’extérieur. On ne lui en veut pas, après 13238km et seulement 2 crevaisons, il a fait du bon boulot (pneu Schwalbe Marathon Plus 20 »x1.75 »). Heureusement qu’on en avait un de rechange bien accroché sous la remorque !

Aujourd’hui encore, nous roulons sur l’autoroute, nous sommes obligés de faire des grands détours pour nous ravitailler, et il faut aussi jouer d’astuce pour trouver un coin où camper alors que la route est entièrement clôturée de fils de fer barbelés absolument infranchissables. Heureusement, il n’y a pas que nous que ça embête ces barbelés, et il y a quelques petites ouvertures non officielles qui nous permettent de nous faufiler pour dénicher un petit paradis pour la nuit.

13/03/12 : Bord de l’autoroute 15 – Tepic, 43km (par Régine)

Avant même de commencer la journée, elle s’annonce compliquée. 8H30, nous nous apprêtions à démarrer la journée quand nous remarquons une crevaison au pneu arrière. Oh non, nous qui voulions arriver rapidement à Tepic, ça commence mal. Une demi-heure plus tard, nous voilà sur l’autoroute mexicaine, et il commence déjà à faire chaud. Après seulement 5km, un gros « clac » nous fait nous arrêter et nous découvrons un rayon cassé. Ce qui est bizarre c’est que c’est le rayon que nous avions remplacé près de Regina (Canada) qui a cassé… Bref, une heure plus tard nous repartons. Il fait chaud (une autre journée à plus de 37°C) et ça monte, et ça monte, et ça monte encore, il faudra les gravir ces 1000m de dénivelé. Vingt kilomètres plus loin c’est le pneu de la remorque qui crève… décidément ce n’est pas notre journée. Un peu plus loin, c’est la réparation de la crevaison qui lâche, et nous n’avons plus beaucoup de temps et d’énergie. Nous changeons juste de chambre à air et décidons de réparer la chambre à air un autre jour. Heureusement tout n’est pas si terrible, juste avant le péage pour Tepic, des gars nous offrent des bananes séchées vraiment délicieuses qui nous donnent plein d’énergie pour monter les 300m de dénivelé restant avant la ville. Au début de la journée, nous pensions arriver à Tepic assez tôt dans la journée et le dépasser, mais finalement nous n’arrivons qu’à plus de 17h et il est temps de s’arrêter. Nous cherchons désespérément le camping et après plusieurs tentatives, l’un nous envoie quelque part, l’autre nous dit qu’il n’y a pas de camping, un autre encore nous dit qu’il a existé mais qu’il n’est plus ouvert… nous rencontrons finalement David et Emma, qui très gentils nous escortent à travers la ville jusqu’au camping. Merci, nous sommes sauvés car la nuit est presque tombée. Ouf nous pouvons nous poser après cette journée difficile et nous trouvons du réconfort dans la douche bien chaude qui nous décrasse et les bonnes pizzas de Yogui’s pizza (139pesos pour 2 grandes pizzas, soit un peu plus de 8€). Au coucher, nous regardons notre moyenne, et ben nous avons battu notre record de la plus mauvaise moyenne : 8,9km/h… si ce n’est pas malheureux…

14/03/12 : Tepic – Péage de Santa Maria Del Oro, 34km (par Grégoire)

Ce matin, à Tepic, une grande ville, nous sommes touchés par la gentillesse et la générosité des gens. Nous avons beaucoup de contacts très sympas avec toutes les personnes à qui nous demandons notre chemin. A la supérette, un gars nous paye carrément la note. Un peu plus loin, alors que nous sommes en train de finir les pizzas de la veille sur un coin de trottoir, une dame arrive de nulle part et nous offre 4 énormes glaces, ou plutôt des glaçons genre « Mister-freeze » dans des petits sacs plastiques au bon jus de tamarin. Nous en mangeons deux sur le champ et emballons soigneusement les deux autres dans du journal et des chiffons. Ils tiendront gelés jusqu’au soir.

Nous nous élançons finalement hors de la ville à 15h sur l’autoroute en direction de Guadalajara. Moins de 2 heures après, il est déjà temps de s’arrêter et nous demandons l’hospitalité au QG de l’équipe médicale de l’autoroute qui nous permet de planter notre tente derrière leur bâtiment et même d’utiliser leurs toilettes et douches !

15/03/12 : Péage de Santa Marial Del Oro – Péage de Plan de Barrancas, 77km (par Régine)

Nous ne nous y attendions pas mais malgré les grosses montées, nous avons fait 77km aujourd’hui. Tout cela grâce aux grosses descentes que nous faisons à 70km/h en moyenne, ce qui compense nos 6km/h dans les montées. Et le plus étonnant dans tout ça, c’est que nous doublons les camions dans les descentes, et même certains camions n’arrivent pas à nous redoubler dans les montées qui suivent. Il faut dire que ce sont des doubles semi-remorques très chargés et que l’autoroute n’est pas vraiment bien pensée pour eux. Ils n’ont pas pensé à tracer la route la plus plate, mais plutôt la plus directe entre Tepic et Guadalajara. D’ailleurs cela nous a fait hésiter un peu avant de partir de Tepic, car en observant le profil d’altitude, en passant par la route non payante, nous aurions eu des montées moins difficiles, mais en contre partie nous n’aurions pas eu d’accotement. Du coup, nous avons choisi de prendre tout de même l’autoroute avec ses grandes montées, et ses grands accotements qui rendent la route plus sûre. Il fait encore très chaud aujourd’hui, mais grâce au vent arrière qui nous pousse et nous rafraîchit, nous trouvons la journée moins difficile.

Ce soir encore nous trouvons refuge à la Croix Rouge du péage suivant.

16/03/12 : Péage Plan de Barrancas – Amatitan,

Après une nuit très bruyante, nous repartons sur l’autoroute en direction de Guadalajara. Nous ne sommes attendus que demain et il nous reste environ 100km à faire, nous prenons donc notre temps. Arrivés au niveau de Magdalena, nous quittons l’autoroute car nous voulions acheter de quoi nous nourrir pour ce soir et ce midi. Mais nous avons du temps avant le déjeuner, du coup, nous décidons de continuer jusqu’à Tequila pour faire nos courses. Nous sommes agréablement surpris par la route libre que nous pensions horrible à cause du trafic et de l’accotement inexistant, mais en réalité entre Magdalena et Tequila, nous avons une belle route, avec souvent un accotement généreux. Après les routes du vin au Canada, aux USA et en Basse-Californie, nous voilà sur la route de la Tequila. Une magnifique route avec un « paisaje agavero ». Effectivement, il y a des champs d’agave bleu partout. Juste au début de la ville, nous nous arrêtons à un stand de fruits où nous mangeons une délicieuse salade de fruits, avec des mangues, des papayes, des pastèques et des oranges bien mûres et bien sucrées… le tout accompagné d’un jus de canne à sucre et d’une « agua » à l’alfalfa et à l’ananas (fruits mixés avec de l’eau et du sucre)… hummm. Après cela, un petit arrêt à la boulangerie pour se ravitailler en pâtisseries, quelques courses et … le plan initial était de repartir sur la route pour déjeuner. Mais au magasin, nous rencontrons Irène, une secouriste que nous avons vue hier soir au péage la nuit dernière, qui nous invite chez elle pour déjeuner. Et c’est à ce moment que notre journée devient plutôt bizarre… Pour planter le décor, elle habite dans une vieille maison toute délabrée derrière le cimetière de la ville. Elle nous fait entrer par sa chambre (une petite pièce avec deux lits double collés et des affaires partout qu’elle doit partager avec son mari et ses enfants) et nous fait patienter là avec ses trois enfants en bas âge (5ans, 2ans et 5mois) qui sont vraiment très turbulents (l’une essaye de tuer son petit frère en l’étouffant, en le mordant, en lui enfonçant des chips dans la gorge, l’autre se coupe deux fois en jouant avec un couteau, le bébé pleure). Nous ne savons pas quoi penser de tout cela. Elle revient et nous fait manger directement dans la chambre. Elle ne mange pas avec nous, elle ne nous pose pas de questions, ne s’intéresse pas à notre voyage. Et ce n’est qu’au moment du départ qu’elle sourit. Je pense qu’elle pensait que nous étions des pauvres étrangers nécessiteux qui nous promenions en vélo entre Tepic et Guadalajara. Elle devait être heureuse d’avoir fait sa bonne action. C’était très gentil de sa part, mais trop bizarre.

Après cela, il ne nous reste plus beaucoup de temps avant la nuit et il nous faut encore trouver un coin pour dormir. Du coup, nous n’avons même pas le temps de nous arrêter à une fabrique de tequila pour faire la visite et goûter les différents tequilas. Greg est un peu déçu… Quelle mauvaise heure pour quitter la ville, il y a énormément de trafic et il n’y a plus d’accotement. Les camions et bus nous doublent à vive allure en nous frôlant. C’est vraiment très stressant… Arrivés à Amatitan, la ville d’après, nous essayons d’arrêter des gens pour leur demander où se trouvent les pompiers, mais personne ne veut nous parler, ils baragouinent quelque chose puis nous tournent le dos et s’en vont. Un peu déçus par ce comportement, nous ne voulons pas rester ici, nous quittons la ville et trouvons un coin tranquille dans un champ pour la nuit. Nous sommes heureux de nous poser et regardons un film pour nous changer les idées après cette journée étrange.

17/03/12 : Amatitan – Guadalajara,

Nous dormons bien cette nuit là, il n’y a pas eu trop de bruit. Décidément, on est mieux quand on dort dans la nature. Nous nous donnons du courage pour parcourir les quelques 20km sur la route libre avant d’atteindre l’autoroute. Mais le trafic est moins dense qu’hier soir et malgré l’accotement inexistant, c’est assez plaisant de rouler ce matin. Nous arrivons rapidement à l’autoroute après avoir traversé des zones de travaux où tout le monde nous fait des grands coucous et nous encouragent « Animo, animo ! » (courage, courage !). Quelques heures plus tard, nous voilà à Guadalajara, à essayer de survivre au trafic dans la ville, en essayant d’éviter les tunnels (mais on a dû en prendre un quand même). Ouf nous arrivons à la « Casa ciclista » où tout le monde nous accueille chaleureusement. Nous allons rester ici quelques jours pour nous reposer et visiter un peu la ville.